Elections professionnelles: Parité Hommes/Femmes

La Cour de cassation apporte des précisions importantes quant au respect de la parité hommes/femmes sur les listes de candidats :

Depuis le 1er janvier 2017, pour chaque collège électoral, les listes de candidats doivent être composées d’un nombre d’hommes et de femmes correspondant à la part d’hommes et de femmes inscrits sur la liste électorale (article L. 2314-30 du code du travail).

Le protocole d’accord préélectoral doit ainsi préciser la proportion de femmes et d’hommes composant chaque collège électoral.

En outre, les listes doivent être composées alternativement d’un candidat de chaque sexe jusqu’à épuisement des candidats d’un des sexes.

Conformément à l’ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017, lorsque l’application de ces dispositions conduit à exclure totalement la représentation de l’un ou l’autre des sexes, les listes de candidats pourront comporter un candidat du sexe qui, à défaut, ne serait pas représenté.

Le non-respect de ces règles est susceptible d’entraîner l’annulation de l’élection du ou des candidats du sexe surreprésenté.

Deux décisions rendues par la Cour de cassation le 9 mai 2018 apportent d’importantes précisions quant à la mise en œuvre de ces dispositions :

  • Dans sa première décision, la Cour de cassation vient préciser que les dispositions relatives à la parité hommes/femmes sur les listes de candidats, sont « d’ordre public absolu » et que le protocole d’accord préélectoral ne saurait y déroger.

Ainsi, un syndicat peut valablement contester l’élection de candidats présentés sur une même liste, en invoquant la violation des dispositions légales, peu important à cet égard les dispositions du protocole d’accord préélectoral qui prévoyaient que les syndicats s’engageaient seulement « à rechercher les voies et les moyens qui permettraient de parvenir le plus possible à une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes sur les listes de candidats ».

  • Dans sa seconde décision, la Cour de cassation apporte des précisions visant à empêcher le contournement des règles en matière de parité hommes/femmes, en jugeant qu’en cas de pluralité de sièges à pourvoir, il n’est pas possible de présenter une liste ne comportant qu’un seul candidat.

Dans cette espèce, deux sièges étaient à pourvoir dans le collège cadre, lequel était composé à 77% de femmes et à 23% d’hommes. Un syndicat a cependant présenté une liste ne comportant qu’un seul candidat de sexe masculin. Le tribunal d’instance a validé cette pratique en se référant aux dispositions légales qui visent « les listes […] qui comportent plusieurs candidats », et en déduisant par conséquent que ces règles ne s’appliquaient pas aux listes ne comportant qu’un seul candidat.

Or, cette pratique permettait ainsi aux syndicats de faire élire un candidat de sexe masculin, alors même que le collège électoral était majoritairement composé de femmes, et donc de contourner les règles relatives à la parité hommes/femmes.

En conséquence, la Cour de cassation a censuré ce jugement en considérant que « deux postes étant à pourvoir, l’organisation syndicale était tenue de présenter une liste conforme à l’article L. 2324-22-1 du code du tavail […], c’est-à-dire comportant nécessairement une femme et un homme ce dernier au titre du sexe sous-représenté dans le collège considéré ».

Dans sa note explicative, la Cour de cassation vient en outre préciser qu’il n’est pas possible de présenter une liste ne comportant qu’un seul candidat et ce même si ce candidat unique appartient au sexe majoritaire au sein du collège électoral.

Cass. soc 9 mai 2018, n°17-60.133 FS-PB

Cass. soc 9 mai 2018, n°17-14.088 FS-PBRI

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